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Qu’est-ce que le tantra?

Dernière mise à jour : 19 sept. 2023

La question que l’on me demande le plus souvent est: « Qu’est-ce que le tantra? »


Cette question des plus pertinentes est toutefois bien compliqué à répondre en peu de mots.


J’ai tendance à demander en retour:

« Qu’est-ce que le tantra pour toi? », afin de m’aider à savoir par où commencer.


Plusieurs assument que c’est un massage tantrique (massage intégral pouvant, avec consentement, inclure le massage des organes génitaux) ou simplement que c’est une forme de pratique sexuelle plutôt mystérieuse ou d’autres encore n’en ont tout simplement aucune idée.


Afin d’apporte la lumière sur cette grande question, voici ma tentative pour y répondre avec le plus de clarté possible, tout en tentant de demeurer brève.

Le terme « tantra » dérive de la racine tan qui veut dire étendre, étirer, amplifier et du suffixe tra qui veut dire instrument. C’est donc un instrument d’expansion de la conscience. Le tantra est né en Inde il y a plusieurs siècles, si ce n’est plusieurs millénaires, sans pouvoir y attribuer une date précise. Sa définition exacte et son origine historique restent un sujet de discussion parmi les spécialistes.


Oublions donc la définition exacte du tantra et tentons d’en expliquer les concepts fondamentaux. Le tantra est une voie de réalisation de soi, un chemin de conscience et d'évolution relativement proche du bouddhisme. Tel qu’il s’est pratiqué et est encore pratiqué en Inde, le tantra est très éloigné de notre réalité occidentale et n’est pas réellement transposable en tant que tel.


En revanche, il existe un courant né dans les années 60 et 70, appelé néo tantra, qui a adapté et actualisé la vision tantrique de façon à ce qu’elle puisse être appréhendée par un occidental d’aujourd’hui.


Connexion à l’univers

Selon le tantra, tout est sacré, rien n’est profane. Il n’y a aucune dualité, de bon ou de mauvais. Le divin – ou les énergies de l’univers, peu importe comment on le nomme – est présent dans ce monde en toutes choses et, surtout, en nous-mêmes.


Le but ultime du tantra est de prendre conscience de cette non-dualité, de sentir que nous ne faisons qu’un avec l’univers tout entier, qu’il n’y a plus de barrière entre nous et l’existence, et que nous sommes connectés avec toutes choses et tous êtres. Etre en harmonie avec soi équivaut alors à être en harmonie avec l’univers entier.


Dissolution de l’ego

Le tantra a cette spécificité unique de considérer le corps comme un temple. Cependant, le corps étant le plus souvent le réservoir de l’inconscient et du refoulé. L’ego est l’ensemble des constructions mentales et des crispations émotionnelles refoulées qui ont façonné notre personnalité au gré de l’accumulation de nos expériences, de notre éducation, et qui constitue notre « masque social ».


Dissoudre l’ego ne signifie pas le combattre mais le ramener à sa juste proportion, en unifiant toutes nos contradictions, à savoir nos pensées (mental), nos émotions/sentiments (coeur), nos sensations et nos instincts (sexe). Il s’agit de relier toutes nos énergies, de recréer un véritable axe sexe-coeur-esprit.


La voie du milieu

Nos énergies peuvent circuler librement à condition qu’aucune d’elles ne soit niée, refoulée ou considérée comme négative ou inférieure. Le tantra englobe toute la vie et inclut toutes ses contradictions : rien n’est condamnable, tout est bon, tout est sacré. Il n’y a rien à ajouter ou à retrancher : tout l’art est dans la recherche du juste milieu. En se tenant – en conscience – exactement au milieu, nous englobons les deux extrêmes et le milieu, de façon à les transcender et à se situer au-delà des trois.


Vivre l’instant présent

La reconnaissance de nos énergies vitales passe par l’écoute de notre corps et la conscience de ce qui s’y déroule. Or, dans notre société, le mental a largement pris le pas sur les autres pôles (émotions, sentiments, instincts…), dont nous sommes nettement moins à l’écoute.


Notre mental est constamment occupé à ressasser le passé ou à se projeter dans le futur, plutôt que de vivre le présent. La connaissance et la compréhension ne sont possibles qu’en étant totalement présent, en vivant pleinement l’instant, l’expérience.


Le tantra, qui est tout sauf cérébral, propose de nombreux exercices visant à stopper le fonctionnement ininterrompu de notre mental, vu comme un outil dont nous avons perdu le contrôle . La vie n’est pas un problème à élucider, à aborder intellectuellement, mais un mystère à ressentir intuitivement, à vivre et à célébrer. Plutôt que la compréhension intellectuelle, faussée par l’ego, le tantra insiste donc sur l’expérience individuelle et le ressenti.


La connaissance de soi

Le seul chemin pour dissoudre l’ego est la connaissance et la conscience de soi. C’est en soi-même que se trouvent les réponses, non en faisant appel à « l’extérieur » par le biais d’un dieu, d’un gourou, d’un système politique ou autres. En cela, le tantra est une voie d’une grande liberté, puisqu’il ne décrète pas ce qui est bien ou mal, ne s’occupe pas de morale, d’éthique ou de religion.


L’art de la présence à soi

Le chemin de la connaissance de soi vient en se laissant traverser par les émotions et les sensations : s’autoriser à les vivre pleinement, puis s’observer soi-même avec le recul de l’observateur pour l’objet de son observation. C’est de cette expérience que naît la conscience de ce qui nous traverse (émotions, sentiments, pensées, pulsions…) et de qui nous sommes.


Cela nécessite d’apprendre à faire toutes choses en conscience, à ne plus rien faire machinalement et à être totalement présent à ce que l’on fait, même durant les petites activités du quotidien comme manger, marcher. Les seuls vrais rituels dans le néo tantra consistent à honorer, à célébrer, à sacraliser la vie dans chacun de ses moments, même les plus anodins, de façon à leur donner beauté et intensité, à ne pas faire les choses mécaniquement.


Sexualité sacrée

Le bouddhisme invite à se détacher du désir, dès lors que la dépendance qu’il engendre serait la cause de nos souffrances. Bouddha prône également une certaine méfiance à l’égard du corps, puisque c’est du corps que sont issus la plupart de nos désirs (sexe, gourmandise, possession…). À l’inverse, le tantra considère que le corps est spirituel et qu’il en va de même de l’énergie la plus vitale qui circule en nous, l’énergie sexuelle. La sexualité n’est donc pas le pôle opposé de la spiritualité mais est sacrée en elle-même, puisque faisant partie de nous. Si le bouddhisme est plutôt une voie de renoncement, le tantrisme, lui, ne rejette pas le monde mais l’accepte pleinement et le divinise, tout en invitant l’homme à s’y « réaliser ».


Appliqué aux relations sexuelles, le tantra privilégie la qualité de la connexion entre partenaires, que chacun reconnaisse en l’autre ce qu’il a de plus beau, de divin, afin de transcender l’acte purement charnel pour en faire une expérience spirituelle.

Cette spécificité a souvent desservi le tantra, réduit à sa dimension sexuelle. Cela n’est pourtant qu’un tout petit aspect du tantra qui est avant tout une voie spirituelle de réalisation de soi, touchant tous les aspects de la vie.


La voie de l’acceptation

L’homme fait partie intégrante du monde. Il n’est donc besoin d’aucune lutte entre lui et la réalité, puisqu’il en fait partie. S’accepter soi-même est la seule façon de ne créer aucune distance entre soi et le réel. L’acceptation de soi passe aussi par l’acceptation de ses émotions et de ses désirs. Au lieu de lutter contre ses énergies, il faut y pénétrer en pleine conscience, les vivre et les transcender (à ne pas confondre avec les refouler), ce qui permet de s’en libérer.


Cette acceptation passe par la compréhension que la vie n’offre aucune garantie, aucune certitude, et que c’est aussi là que réside sa beauté. En se délivrant de son attachement au « connu », l’homme se libère de ses peurs. L’acceptation est finalement un acte de confiance et d’amour en la vie, permettant que le moteur de nos actions ne soit plus la peur mais bien l’amour. Une fois que l’homme aura pu résoudre ses contradictions internes et se libérer de son ego, l’amour et la compassion écloront naturellement en lui.


Pour conclure sur ce qu’est le tantra, je me permets de résumer le tout en une seule phrase. Phrase qui a été nommée au tout début de ce texte mais qui prend tout son sens une fois toutes les orientations décrites.


Le tantra est un instrument d’expansion de sa conscience


Bonne expérimentation

Julie Isabel

Fondatrice Tantra Québec


Ce texte est inspiré en majeure partie d’un extrait du site suivant:



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